Art - beauté - regard

Publié le par Les Invités au Festin

Quelques propositions pour donner sens à une réflexion :

-Est Art ou Beau  ce qui est reconnu Art ou Beau par celui qui regarde, qui ressent.

- Le regard n'est pas neutre
il est influé par la culture, le groupe social, l'éducation.

Ce regard posé peut être un moyen de se distinguer, de marquer une appartenance.
En effet les notions de Beau et d'Art sont  notions relatives.

- L'Artiste qui offre son oeuvre donne "une parole".
  Comme toute autre parole,  ceux qui la reçoivent, l'entendent selon leurs filtres propres et à leur tour, mettent "une parole" sur l'oeuvre proposée.

- L'Art reconnu, certains disent "récupéré", est l'Art estampillé par une caste.

- L'Art en devenir est encore "une parole" qui veut se faire entendre. Et pour cela, parfois, provoque, dérange, fait bouger... Puis ile est reconnu... se fait "récupérer " et ainsi devient "une parole acceptée" qui sera bousculée par une "autre parole"

                                                                             "Au début était le Verbe".

                                                                                     Yves NOURY

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armel 30/10/2008 15:54

14h35, - Alors, t'en es où, toi ?... me demande Mathilde.  Je me surprends à lui répondre ceci :- ... moi, je suis perdu de naissance.Réponse qui me fait réfléchir. Et je me dis que devenir sensible à quelque chose dans une perspective de transformation de soi, c'est ça, ça advient quand je suis perdu. C'est quand tout m'ennuie terriblement, quand tout m'oppresse, quand plus rien de ce dont j'ai besoin ne me semble possible de surgir, que l'improbable imprévisible peut manifester sa présence fragile, éclairage minimal de réjouissance secrète. Là se glisse une prise de conscience de mon propre corps en relation avec le corps du monde, et, pourquoi pas, une possibilité de réalisation en référence à l'éveil produit.Moi qui me sens pour ainsi dire perdu de naissance à vie, je comprends ma prédisposition involontaire à la rêverie, à ne pas vraiment être là (dans les obligations prosaiques, dans ce qu'on nomme les exigences de rentabilité humaine de toute configuration sociale, de rentabilité financière de toute entreprise commerciale), d'où, à l'occasion, quelques fragments de réalisation avec les moyens du bord, le plus souvent des matériaux résiduels, qui rappellent cet autre réel que je perçois dans l'absorption des choses qui me rêvent autre que ce que je fais semblant d'être. Abandonné et perdu, je suis mis en condition de découvrir mon corps m'échapper et le voir de lui-même, sans moi, pleinement photographier la présence du terrain traversé. Le "je" s'est dissolu dans les choses. Enfin, je n'ai plus ni à déterminer ni à prouver une identité qui serait mienne. Les choses m'ont pris. Un moment j'ai été ailleurs, que ce soit dans le sommeil, les rêves ou le corps physique en écriture (= en marche) sur les reliefs d'un territoire. C'est dans de tels moments-brèches d'ouverture au non encore connu que s'imprime dans la chair une mémoire qui ne peut désormais plus échapper à la conscience. Voilà la vie, continuer avec la pesanteur à marcher comme si de rien n'était. Les découvertes, moments de bonheur inqualifiable, on les emporte avec soi dans l'amnésie des corps vieillissants. On ne se conserve pas dans une mise en copnserves muséale, on se conserve dans une continuation du vivre, dans un équilibre entre calculer et vivre au jour le jour.

armel 23/10/2008 16:03

Pour l'artiste occasionnel, veilleur de derrière les fagots, et traversé en tout lieu par toutes sortes de courants d'air bien réels qu'il déplace à son insu dans de l'eau et du feu momentanément réunis, "faire" se suffit à désigner les choses. Cette désignation intervient après avoir longuement piétiné, pris des notes nombreuses, absorbé le monde. L'artiste suit les matériaux dans leur chute jusque dans leur modification, moment où il ressent dans sa fichue peau d'humain son âme écrasée à la vitesse du son. Aucune carte mémoire ne cartographie ce moment happax. La pépite à contre-courant qu'il en tire se résume à des scories. Riens de grande importance provisoires pour lui.Pratiquer l'art est une illusion nécessaire juste le temps de vivre.Creuser dans la peau du monde un sillon, y pratiquer des éveils en éruption à ce qui nous prend, en sortir sans jamais s'en sortir, ramener à l'air libre ce qui reste d'odeur et de sueur à la fois des corps perdus et des souterrains humides explorés, dérouler l'ombre des choses sens dessus dessous qui composent le monde en surface, ne même plus être un fragment de mémoire retrouvé d'un vécu qui a pourtant eu lieu.

armel 16/10/2008 16:25

Une pratique artistique n'est pas volontaire. Elle vous tombe dessus à la fois soudainement et par approches successives.Soit on s'y adonne en artisan à l'ouvrage ; soit à l'occasion, en franc-tireur. Il y a donc d'un côté les faiseurs, et de l'autre les occasionnels. L'art reconnu concerne les affaires culturelles qui organisent la mise en spectacle des catégories artistiques. En parallèle cheminent des individus non diffusés, qui n'entrent dans aucun commerce ni marché économique. Leur pratique artistique est un moyen parmi d'autres pour approcher confidentiellement le monde, et déterminer des positions adéquates à leur perception et lecture réalisée intérieurement.

blandine 08/10/2008 17:26

L'Art est une façon de voir, de comprendre ce qu'on saisit avec ses sens, et qui est particulière à chacun. Celui-ci est influencé par ce qui l'environne, les gens et les choses, tout ce qui forme son groupe, sa culture . La richesse de l'Art est donc dans chaque être, et non l'apanage de certains seulement. Il faudrait donc que tous puissent  exprimer librement ce qu'ils ressentent, et aussi qu'ils en aient les moyens. C'est cela l'Art, la parole donnée à chacun.

Jérôme IAF 25/09/2008 15:45

Une photo  une photo !!!